Jeudi 5 juin 2008
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Signez la lettre ouverte à Christine Boutin : www.unef.fr
Christine Boutin, ministre du logement, a récemment évoqué publiquement la nécessité de revoir les conditions d’attribution des aides au logement (APL, ALS) dont bénéficient aujourd’hui près de 600 000 étudiants, et s'apprête à rendre une décision définitive sur ce sujet à la fin du mois de juin.
Alors que les aides au logement dont bénéficient les étudiants sont les seules aides à prendre en compte la
situation propre de chaque étudiant et à reconnaitre leur autonomie, la ministre envisage de prendre désormais en compte les revenus des parents pour le calcul de ces
aides.
Les étudiants ne sont pas dupes ! Une telle réforme n’aurait comme seul objectif que de faire des économies sur
le dos des étudiants, qui représentent à eux seuls 1/3 des bénéficiaires des aides au logement. Pour rendre les aides plus progressives et « plus justes », ce ne sont pas leurs
conditions d’attribution qu’il faut changer, mais c’est leur montant qu’il faut revaloriser : ces aides n’ont pas été augmentés depuis 1995 ce qui conduit tous les étudiants à toucher aujourd’hui le maximum de l’aide prévu !
Loin d’être un luxe, les APL et les ALS concernent 600 000 étudiants et représentent pour beaucoup
d’étudiants le seul moyen d’accéder à un logement indépendant et donc aux études de leur choix. Elles sont les seules aides financières que peuvent toucher beaucoup d’étudiants, notamment les 2/3
d’entre nous qui ne sont pas pris en compte par le système de bourses !
Alors que les étudiants subissent la baisse du pouvoir d’achat et la crise du logement, prendre en compte les revenus des parents aurait des conséquences inacceptables :
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Ce serait une véritable double peine pour tous les étudiants qui, exclus du système de bourse pour cause de revenus parentaux un peu trop élevés, se
trouveraient également exclus du bénéfice des aides au logement pour les mêmes raisons : 100 000 à 300 000 étudiants peuvent voir leur aide baisser ou disparaitre à partir de la
rentrée prochaine !
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Cela entrainerait les mêmes effets pervers que l’actuel système de
bourses en forçant les étudiants à une dépendance totale vis-à-vis de la famille : ce serait un retour en arrière indéniable sur la question de l’autonomie des jeunes !
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Cette décision aurait pour conséquence d’accroître les difficultés d’accès au logement, de contraindre certains étudiants à retourner vivre au domicile
parental, ou à se salarier plus pour payer leur loyer.
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Cette décision aurait des effets pervers sur le marché
locatif en diminuant le nombre de constructions nouvelles de résidences universitaires et le nombre de logements mis à disposition
d’étudiants alors que la pénurie est la première cause de la crise du logement !
Une telle volonté n’est pas nouvelle : en 1993, François Fillon, ministre de l’enseignement supérieur, et
Nicolas Sarkozy, ministre du budget souhaitait déjà réformer les ALS étudiantes dans ce sens. Idem en 2003 quand Luc Ferry avait envisagé d’exclure les couples et les colocataires de leur
bénéfice. A chaque fois, les étudiants se sont opposés à de tels reculs.
Pour ces raisons, l'UNEF exige que la
ministre renonce à son projet de prise en compte des revenus des parents dans le calcul
des aides au logement.
L'UNEF demande enfin que soit prise en compte l'aspiration
des étudiants à l’autonomie et la nécessité d’accéder à un logement indépendant, en augmentant le montant des aides au logement pour nous permettre de faire face à l’augmentation des loyers
!
Signez la lettre ouverte à Christine Boutin : www.unef.fr